I. Espèces et modes de vie dans les abysses.

 

1° Un milieu moins connu que l'espace.

Les abysses ont longtemps été considérés comme désert, la vie ne pouvant se développer dans un milieu si hostile. L'homme ignore encore beaucoup sur ce milieu et le peu connu a déjà changer notre vision des fonds marins.
Les moyens d'exploration on évolué au fil du temps et ont permis de faire de nombreuses découvertes:

a) Les découvertes géologiques ayant un impact sur les découvertes dans le milieu abyssal.

 

 

Pour mieux comprendre la vie présente dans les abysses, les explications que l'on y donne et les fulgurantes découvertes, il faut d'abord se placer dans le cas général. Et donc comprendre l'importance des découvertes géologiques.

En 1930, Vening Menez émet l'hyothèse que la croute (continentale ou océanique) s'enfonce dans les fosses. Après en 1960, Hary Hess décrit la "théorie de la tectonique des plaques" le premier modèle dynamique cohérant. En 1978, Morgan, Mackenzie et Le Pichon quantifient la dynamique et établissent un modèle prédictif du devenir de la Terre: plus de méditerranée, continent Américain qui dérive vers l'Asie, estimations faites pour dans 80 milions d'année. Et pendant ce temps en 1974 l'Homme posait le pied sur la Lune... Les abysses et la vie s'y trouvant était encore totalement inconnu aux yeux des hommes. Ces découvertes ont poussé les hommes à aller explorer les lieux d'activité sismique intense pour mieux les comprendre et c'est lors de ces expédition que la vie abyssale fut découverte. Cette vie s'accumule auprès des dorsales océantiques pacifique, atlantique, dans les zones de subduction et dans les bassins.

b) Les moyens d'exploration.

 

bathyscaphes     -         nautile                          victor 6000

 

L'apparition de matériaux nouveaux de faible densité dit matériaux syntactiques va permettre la construction d'une nouvelle génération de sous-marins permettant d'explorer les milieux dans les profondeurs. Ces matériaux sont constitués de microbilles de verre creuses, résistantes à la préssion, noyées dans une résine époxy.
Avec de tels matériaux, les variations de densité pendant la plongée ( compression et contraction ), donc de flottabilité , sont très petites. Les poids de ces nouveaux sous-marins sont divisés par dix ou davantage par rapport aux bathyscaphes (egin sous marins d'exploration abyssale).
Le premier de ces sous-marins est la soucpoue plongeante construite en 1959 par l'équipe de commandant Cousteau. Celle-ci effectue ses premières plongées en 1960, plongeant jusqu'a 300 mètres, compte tenu de la forme ellipsoïdale de la coque. Ensuite viendra la Cyana lancée au début des années 1970. Elle est capable d'atteindre 3 000 mètres de profondeur. Puis le Nautile, troisième sous-marin français capable cette fois-ci d'atteindre 6 000 mètres de profondeur à été opérationnel début 1985.
Des centaines de plongées conduiront ces deux derniers sous-marins, cités ci-dessus, à explorer, puis étudier de manière détaillée, de nombreux sites hydrothermaux et suintement froid avec sortie d'hydrocarbures légers
dans lesquels abonde une vie exubérante.

Depuis la fin du XXeme siecle, ces sous-marins habités sont exposés à la concurence de robot téléopérés ( Remmotely Operated Vehicles: ROV ) et des véhicules autonomes sous-marins ( Autonomous Underwater Vehicle: AUV ). Les AUV disposent de leur propre énergie et sont capables de se déplacer selon un trajet programmé à l'avance dans les trois dimentions pour réaliser une coupe hydrologique de l'océan Atlantique entre la surface et une profondeur de 3 000 mêtres.
En France, le ROV victor, de l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer ( Ifremer), peut atteindre la profondeur de 6 000 mêtres. Le victor est équipé de bars télémanipulateurs commandés par le pilote du robot, confortablement installé dans le poste de commandement du navire porteur, et de paniers ou coffres permettant de ramener en surface en toute sécurité les précieux échantillons.
Ces ROV peuvent également être destinés à mesurer les caractéristiques physiques des sols sous-marins, ou à réaliser de véritables expèriences.

Par rapport aux engins habités, les ROV offrent deux avantages considérables:
- D'une part, le temps de plongée n'est plus limité par les contraintes physiologiques humaines.
-D'autre part, ce n'est plus les deux passagers qui voient le spectacle à travers les deux petits hublots, Mais une demi-douzaine de témoins grace aux différents angles que les caméras proposent.

c. Le mystère abyssal.

 

 

 

 

Les abysses forment le plus grand habitat de La Terre. Or nous connaissons mieux certaines planètes du système solaire que les entrailles de la nôtre. L'exploration de ce royaume des ténèbres a révélé que la vie se développait jusqu'aux profondeurs les plus extrêmes de nos océans et sous les formes les plus surprenantes. Cependant au moment où l'homme envois des sondes pour explorer l'Univers, les abysses représentent d'immenses surfaces de notre planète encore bien peu explorées et si ceux-ci ont longtemps étés éparniés de toutes forme d'exploitation, ils restent néanmoins menacés aujourd'hui car ils renferment des richesses considérables.

À l'époque des Grecs t des Romains, les océans étaient réputés pour abriter toutes sortes d'étranges créatures telles que des monstres marins, des sirènes et des serpents de mer. Au 19e siècle, on croyait qu'en dessous de 500 mètres de profondeur, il n'y avait aucune vie possible, et pourtant, l'homme, curieux de la nature n'a cessé de perfectionner ses inventions et dès qu'il fut possible d'observer les abysses, à notre grande surprise, la vie abondait à toutes les profondeurs. Certains animaux retrouvés dans les grandes profondeurs n'ont rien à voir avec ceux qui vivent à proximité de la lumière; Ils ont développé des caractéristiques uniques leur permettant de régner dans ces conditions bien particulières qui nous semblent extrêmes: Certain sont pourvus de gros yeux ultrasensibles pour voir dans l'obscurité presque totale, d'autres sont transparents pour se fondre dans l'environement...

Aujourd'hui, nous savons que les animaux se font généralement de plus en plus rares à mesure que l'on plonge vers les très grandes profondeurs, mais la biodiversité n'en souffre pas pour autant. Les scientifiques ne cessent de découvrir et de décrire de nouvelles espèces dans les profondeurs océaniques. En se basant sur les espèces déjà récoltées et le milieu encore inexploré, on estime que la nuit océanique pourrait héberger encore dix millions de nouvelles espèces et peut-être davantage. Si c'est le cas, les abysses seraient l'écosystème le plus diversifié de la planète! Plus encore que les forêts tropicales ou les récifs coralliens!

 

 

 


Les abysses présentent des conditions écologiques qui en font un milieu très particulier et très peu propice à la vie: pas de saisons, ni de variations en tous points de l'océan profond , plus de lumière mesurable en dessous de 500 m de profondeur, donc le noir absolu, une température moyenne au fond des océans de 2°C vers 3000 m, et qui varie entre 0,5 et 1,5°C à 5000 m, une pression équivalente à 300 bars à 3000 m et jusqu'à 1 tonne à 10 000 m, l'équivalent d'une grosse voiture sur l'ongle du pouce ! Peu d'éléments dissous : oxygène, azote, gaz carbonique...

 Pourtant, des organismes vivants ont réussi à se développer là où la photosynthèse est irréalisable. Leurs seuls buts est de mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour assurer les fonctions primitives de leur vie : se nourrir, se protéger et se reproduire. Les caractéristiques particulières de ce milieu de vie ont contraint les organismes vivants a faire preuve d'imagination pour s'adapter et évoluer, notamment par rapport au manque de lumière (pas de photosynthèse) et à la pression de l'eau. Cela donne aux espèces, des formes et des comportements proches des monstres préhistoriques à l'image du célèbre poisson ogre avec de longues canines et des cavités muqueuses effrayantes ! La principale invention face à l'obscurité reste la bioluminescence qui fait que certains animaux sont capables de produire leur propre lumière. C'est le cas du poisson lanterne, ou du diable noir. Dans un monde où l'obscurité est omniprésente, cette capacité paraît indispensable pour chasser (en attirant les proies, en les éblouissant...) ou pour se protéger (en faisant diversion avant la fuite). Feux d'artifices éphémères, lanternes qui s'agitent, jets de mucus remplis de photons... Le spectacle est fascinant.

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